La chanteuse espagnole Massiel ne doit pas à son seul talent sa victoire à l'Eurovision 1968, selon un documentaire télévisé espagnol, qui révèle que le dictateur Franco avait alors acheté des votes pour redorer l'image de l'Espagne.
Sa chanson "La, la, la", aujourd'hui encore connue de tous en Espagne, n'a pas non plus envoûté les Européens, affirme dans ce documentaire José Maria Iñigo, journaliste de la télévision nationale espagnole (TVE) à l'époque, qui assure qu'il y a eu "triche".
L'Espagne, isolée du reste de l'Europe par le régime de Francisco Franco (1939-75), "avait grand besoin de remporter l'Eurovision, pour obtenir une reconnaissance, ne serait-ce que dans un domaine", affirme M. Iñigo dans ce documentaire qui doit être diffusé jeudi sur la chaîne espagnole La Sexta.
"Des responsables de TVE et de maisons de disques (espagnoles) voyageaient en Europe, et proposaient de faire enregistrer des albums à des artistes locaux, ou achetaient les droits de séries finalement jamais diffusées, en échange de votes", explique-t-il, dans des images du documentaire déjà diffusées sur internet.
Quarante ans sont passés mais le Britannique Cliff Richard, alors arrivé en deuxième position, réclame son droit à la victoire depuis qu'il a appris la supercherie.
"J'ai vécu tant d'années avec cette étiquette de numéro deux que cela serait formidable qu'un représentant officiel du concours me dise finalement: +Cliff, tu as gagné ce maudit truc+", a déclaré le chanteur, cité par le quotidien britannique The Guardian.
"Si, comme ils disent, il est finalement évident que j'ai été le vainqueur, je serais la personne la plus heureuse du monde", a ajouté Cliff Richard, qui s'était alors présenté avec son futur tube "Congratulations".